ZOOM OPINIONS04

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L’ art,  être ou ne pas être…

 

On m’a demandé d’écrire mes impressions  sur le thème très en vogue du « Non-art ». De mon point de vue d’artiste engagé depuis longtemps dans l’Art (avec un grand A majuscule),   je ne saurais me risquer à dire ce qu’ est l’art et ce qu’il n’est pas. Je repense à cette phrase: 

«Plus je crois savoir, plus je me rends compte de ce que j’ ignore ». Cette maxime sonne comme un rappel de l’implacable tamis de l’histoire qui permet de remettre  les choses en place, même si parfois de manière erronée.    

En revanche, je serai plus prompt  à définir ce qu’est le concept d’être un artiste, étant donné qu’en tout premier lieu, il y a sa vision spécifique – ce qu’il exprime dans ses œuvres par le biais  de ses talents et de ses capacités créatives propres…. Dès lors, l’un de ses traits le plus marquant est en fait celui de sa solitude.

Mais,  sa vision du monde étant si particulière,  sa tentative pour l’exprimer, grâce à des formes, à des couleurs, à  des structures et à des supports, est l’unique voie pour canaliser et pouvoir partager son monde intérieur foisonnant.

Miquel Barcelo exprime ce sentiment de solitude dans un  tableau magnifique,intitulé: « où j’avais peint un gorille pensant et solitaire. »

Je citerai aussi la phrase qui dit : «  l’art ne sert à rien, mais à ce titre il est nécessaire ».  Ainsi donc, l’ artiste doit être  capable de refléter sa vision du monde selon cette  perspective, sans mettre en avant les aspects les plus purement  décoratifs de ses œuvres.

C’est en cela  une des tâches les plus sublimes à laquelle l’être humain peut se dédier. 

Ainsi, l’art réfléchit  sur l’évolution dans le temps et des paradigmes de la société  où elle est recréé. 

Je ne m’étendrai pas sur le sujet, car  une quantité considérable de livres a été écrite dessus.  Mais je veux signaler qu’à l’heure actuelle , malgré tout – et cela  reflète notre société actuelle, les amoureux  de l’ art s’appellent: des consommateurs. 

Les artistes demeurent relégués à un plan presque  « virtuel » et les intermédiaires, tels les « curateurs » ont de loin dépassé  les galeristes… Ce sont ceux-là qui dirigent maintenant l’art de masse. L’artiste  devient un personnage « étrange» , « éloigné » , qui  dit et fait des choses que presque personne ne comprends et que les curateurs doivent interpréter. Or,  le véritable artiste, tel le reflet de son esprit créatif et divergent, va au-devant de la pensée majoritaire de son époque  et il se projette dans le futur, où parfois et pour cette raison même, éclot alors sa reconnaissance.

Actuellement, les « ismes » qui guidaient le publique au siècle dernier ont disparus. 

Du fait de  l’irruption importante des possibilités et des moyens d’ expression existants et complexes à discerner, et plus encore des nouvelles technologies visuelles, il se produit une sensation dominante de chaos.

Dans cette constante et vertigineuse  évolution, ce qui innovateur est alors authentique. Nous  pouvons considérer en revanche ce qui est courageux de par son originalité, son  innovation sa capacité d’émouvoir ou de dénoncer etc…

Nous en sommes à un point tel,  que l’expression sur un support type  « chevalet », est devenue une relique du  passé. 

Aujourd’hui il faut s’exprimer  au moyen d’ une tablette électronique qui engendre, elle, bien plus de possibilités d’expression artistique.

Ainsi, le monde de l’art actuel à une date de péremption. 

Auteur: Ernesto de Salas

 
Ernesto de Salas Castellano est un peintre espagnol, dans ses toiles, il mélange l’acrylique avec le papier et le fil. Sa dernière exposition à Madrid rassemble son concept « d’abstraction scientifique », avec laquelle il explique sa vision de la technologie dans le monde.